Site actualisé le : 03/10/2018

Inventer avec tout jeune un avenir de justice et de paix,
pour lui et pour les autres

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Récit d’une expérience qui fut l’aboutissement du travail collectif d’une année scolaire en classe de CE1-CE2

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Ressources 2

Quand Harry Potter facilite la vie du groupe-classe

Persuadées que l’enseignement aujourd’hui ne peut s’envisager autrement que par la réalisation concrète de projets, Sylvie et Nathalie peinaient cependant à trouver comment mieux gérer les conflits entre élèves au sein de leurs classes de CM2. Lors d’un voyage scolaire en Angleterre sur le thème des mondes imaginaires, les enseignantes ont eu l’occasion de visiter les « Studios Harry Potter » et une école londonienne. Leurs élèves ont été frappés par les similitudes entre cet établissement et l’école des sorciers de leur héros préféré. L’une des caractéristiques de l’organisation scolaire britannique est la responsabilisation des élèves : ceux-ci sont répartis en « maisons », de manière aléatoire, et missionnés pour réaliser certaines tâches ou projets. L’organisation à l’intérieur des maisons est laissée à l’initiative des membres.

Le projet, la réalisation de tâches communes, sont autant d’occasion d’échanges entre élèves qui développent leurs capacités de communication, d’écoute, de négociation et d’attention à l’autre.

Les responsabilités de la classe sont confiées chaque semaine à une maison ; le dernier jour précédent les vacances, une maison est choisie pour organiser une fête pour la classe.

Pour que les enfants se prennent au jeu, il faut tout à la fois privilégier le groupe (la maison) et qu’il y ait des avantages (reconnaissance, récompenses). Ce sont les contraintes d’autonomie dans l’organisation et la réalisation, d’activités ritualisées auxquelles les groupes ne pourront se soustraire, qui permettent l’implication de chacun au sein du groupe.

Les enseignantes ont instauré des temps de régulation et de métacognition pour faciliter l’apprentissage de conduites langagières ou comportementales favorables tout à la fois à la coopération et à l’enrichissement personnel. L’élève est amené à changer non pour lui-même mais pour la maison à laquelle il appartient.

L’intuition pédagogique d’Anne de Xainctonge de développer les échanges entre élèves, autour d’une même activité, se réalise ici : Eduquer riches et pauvres mesmement. Les élèves les moins à l’aise adaptent leur comportement, apprennent par modelage – ou apprentissage vicariant – selon le psychologue Albert Bandura. Ils seront capables, par la suite, d’utiliser un langage adapté, d’adopter les attitudes de leur « modèle », dans des situations de la vie courante.

L’année scolaire n’est pas terminée que les enseignantes perçoivent déjà que ce dispositif modifie radicalement leur approche de l’enseignement : « Je pense que nous avons du travail pour plusieurs années », avoue l’une des deux « et c’est tellement riche pour les élèves que ça nous a boostées… ». Affaire à suivre !…